Nous avons tué la tribu pour que la nation puisse naitre.

 Nous avons tué la tribu pour que la nation puisse naitre.


Ils suivent pas à pas l'insecte dans la brousse,
Marchant pieds nus à travers champ
Les femmes transportant des bassines d'eau plutôt que leurs enfants sur le dos
Protègent le caoutchouc qui rapporte de l'argent.

Tandis que dans les campements,
Leurs bébés meurent de la malaria,
Les vers provoquent des plaies béantes
Les femmes meurent à l'accouchement
La dénutrition infantile extrême sévit dans le pays
Mais ils chassent les insectes dans la brousse
Afin de protéger les hévéas
Car les hommes à la Bourse
Doivent extraire chaque goutte
De l'arbre
Et les femmes
Et les bébés
Et les hommes
Doivent leur assurer le meilleur profit.




[ Dorothy Hanson, 1983 ]

# Enviado el lunes 26 de octubre de 2009 10:39

« Personne n'aime les endives braisées dans la vraie vie, maman »

« Personne n’aime les endives braisées dans la vraie vie, maman »


Un des grands moments de l'année dans le paysage du cinéma français.
Un petit rien dessinant un rendez vous que l'on saura familier et intriguant de nouveauté à la fois : le dernier Christophe Honoré.

Le cinéaste a décidé de nous présenter cette fois-ci sa Bretagne. La pastorale, champêtre, la Bretagne et ses Contes & Légendes, jusqu'à mentionner sa ville natale vers laquelle trois des personnes font route pour atteindre le Festival de Carhaix. Décentralisation les 3/4 du film loin de la capitale boboiste jusqu'à atteindre Rome le temps de quelques minutes où les grands-parents, loin des regards, redeviennent d'éternels adolescents fougueux, préférant s'éclipser en douce de leur groupe senior de voyage organisé pour rejoindre l'herbe inspirante d'un parc.

Portrait d'une anti-héroïne qui émerge progressivement du chaos familial.
Honoré met en scène à nouveau Chiara, actrice trop souvent reléguée à l'arrière plan, lui permettant enfin d'afficher la lumière d'un naturel exemplaire, simple, que l'on devinait.
Chiara étouffée, Chiara triste, névrosée, Chiara parfois immature, lucide ? Charia silencieuse, avouant un jour être dépassée par ses responsabilités. Chiara échafaudant un sourire qui vaut de l'or, Chiara ne se laissant pas marcher sur les pieds.
Cette femme cherche sa vie et ne parvient finalement qu'à passer à côté. En quoi a-t-elle encore foi ? Face à la pression collective lui reprochant l' « oisiveté » dans lequel elle a décidé de s'installer, face à ses enfants enjeux des querelles entre adultes, à son ex-mari ambigu qui par le passé a neutralisé sa confiance, face à l'ironie cruelle de sa s½ur, sa mère catholiquement autoritaire... Face à l'aggression du « moi je » en face, [ scène de la hyène au milieu d'un champ avec le beau-frêre ] Honoré laisse sa caméra tourner et la lenteur du passage du temps appuie cruellement et réalistement sur les points sensibles...
[Où comment utiliser au mieux notre facteur Temps au lieu d'entrer dans des bavardages et des actions superflues...]
Lorsque ses proches lui tentent les bras, bien souvent elle n'arrive à le percevoir.
Malgré tout, l'empathie a du mal à prendre. Le problème est que les ressentits, même si on les partage, ne nous agrippent pas toujours...tant les personnages, différents lieux et situations semblent par moments survolés...

Julien Honoré, le frêre, triplement. L'optimiste incarné, mi fantaisiste, mi-tendre. Il y a du Louis Garrel en lui...

Marina Fois, la s½ur. Du mal à me défaire de son rôle dans les Robins des bois, elle se révèle enfin ici. Personnage pas toujours facile à cerner, confuse mais épatante.


Louis Garrel, le discret et romanesque. Depuis 5ans, en 5 films, il ne quitte plus la caméra Honorienne. Et lorsque Louis, les mots à la bouche, s'enfonce sous la couette blanche, ce sont les Chansons d'Amour qui prennent le funiculaire jusqu'à venir recoller à nos sens, nos souvenirs... As-tu deja aimé, pour la beauté du geste...



On peut regretter la présence du personnage récurrent joué par la cigarette, si ce n'est pour illustrer à nouveau le visage vicieux du stress, anxiété et pression avec lequel la société cherche à alimenter ses habitants.
Certains plans parfaits tel ceux de la nature où celui où Chiara nous fait face dans l'ombre de la fenêtre ouverte au crépuscule...


Discours, messages d'Honoré pas toujours très clair surtout par rapport à ses précédents films, même si à notre plus grand plaisir il continue de casser le rythme de la narration et réemploie le génie musical d'Alex Beaupain. [ Mais alors pourquoi utiliser des morceaux de piano déjà trop exploités dans d'autres films ? ]
Perdus dans cette vie, dans cette société et quotidien en perpétuel mouvement. Sur quoi se raccrocher encore pour ne pas sombrer dans la névrose où le « moi mégalo» ?
L'on y dépose l'atout de nos regards extérieurs. Ce que les personnages même n'arrivent à résoudre, tournant en rond, l'on pourrait les guider, ce que l'on a du mal à faire pour soi même.
Humains voguant entre l'étouffement du à l'expression démesurée des égos d'autrui et la compréhension du sien propre.
L'Homme enchainé à ce que le vie lui réserve ? Pas pour rien que Marina Fois se rend au cinéma, projettant...Les Enchainés, d'Hitchcock !
Hitchcock -->Truffaut...Truffaut --> Honoré...Vous me suivez toujours ?

En définitif, un Christophe Honoré ouvert vers de nouvelles idées, de nouveaux horizons. Mais à force de les survoler, dommage qu'ils ne soient pas plus creusés, comme bloqués, retenus dans un espace temps aux saveurs divinement passées.
Pourtant quand les précieuses voix d' Antony & the Johnsons referment cet opus, on se dit que ce n'est nullement un hasard si l'on se retrouve devant ce film...













# Enviado el martes 15 de septiembre de 2009 09:32

Modificado el martes 15 de septiembre de 2009 10:03

Le chiovi di Casa [ Film de Gianni Amelio ]

Le chiovi di Casa    [ Film de Gianni Amelio ]


Il y a 15ans, Gianni avait fuit au décès de sa femme mettant au monde leur fils handicapé.
Aujourd'hui, il redécouvre son fils par la lente et superbe éclosion de son amour paternel.




Ici l'on parle sans parler, l'on pense sans penser.
L'on pense culpabilité, acceptation de l'autre, l'on parle découverte de soi, de l'autre à nouveau. Tout est là, dans cette sphère ouverte, sans mélo, ni larmes, exceptées une unique fois celles du père auxquelles le fils répond qu'il ne faut pas pleurer puisque maintenant lui est là. Les rôles s'inversant ? Le courage du fils dans ses séances de rééducation, courage du père affrontant sa fuite et sa gène passées. Un film d'amour. La tendresse du père, son refus premier et la manière dont il assume pour de bon. La sagesse de l'enfant. Cet ado bloqué dans l'enfance, intelligent, plein de fraicheur mais qui déjante sans prévenir. Sa lucidité, sa maturité, sa maladresse, ses obsessions. Le jeu des regards. Sans oublier le personnage de Charlotte Rampling en second rôle, mère qui a sacrifié sa vie pour s'occuper de celle de sa fille. L'Humilité dans le moindre des regards.


Longtemps que j'avais ressentit à ce point au cinéma des émotions si proches de celles que nous livre la vie de tous les jours. L'accordéon de la grande sensibilité se déplie déployant son humanité universelle...
Film pouvant rappeler LA CHAMBRE DU FILS dans son intensité et propos.
« Car dans ces vies-là, il n'y a pas de futur, ni de passé qui vaille, mais seulement un présent d'une densité de pierre et d'une tendresse infinie. »

# Enviado el viernes 21 de agosto de 2009 07:45

Modificado el jueves 03 de septiembre de 2009 09:19









Les hommes
qui sont submergés par les passions
et environnés d'une masse d'obscurité
ne peuvent voir cette vérité qui va contre le courant,
qui est sublime,
profonde,
subtile
et difficile à comprendre...

# Enviado el jueves 20 de agosto de 2009 08:26

C'est du dedans que je te ressemble...

C'est du dedans que je te ressemble...


Je me demande vraiment si le changement s'est accéleré.
Quel changement ? Le changement de quoi ?
De la technique, oui. Tous nos outils se sont perfectionnés,
certains sont nouveaux, exigeant un nouveau savoir faire.
Nos vêtements changent en fonction de la mode, les vôtres en tout cas ;
les moyens de transports se perfectionnent ; notre perception du monde ; nos croyances changent, car nous vivons tous dans l'impermanence.
Dans l'apparence extérieure, en effet, les choses changent,
elles se modifient sans cesse...


...Mais nous, nous n'avons pas changé.

# Enviado el martes 18 de agosto de 2009 13:17

[ La Douceur du ] CARAMEL... [ Film de Nadine Labaki ]

  [ La Douceur du ] CARAMEL...      [ Film de Nadine Labaki ]




Beyrouth, sans ses bombardements israéliens... Celui de ses ruelles, de son humour, de ses couleurs, de la grâce de ses traits....


4 femmes, 4 collègues, 4 amies...leur quotidien dans cet institut de soins, de beauté, là où le Caramel malaxé sert de cire chaude... les destinées qu'elles croisent...


Caméra feutrée, revêle ses femmes, ses personnages, tous atypique d'empathie, les emplit d'une profonde présence...avec pudeur, retenue, délicatesse...


La douceur faisant écho à la douleur de la vie...la vivacité à la pesanteur du temps qui passe... la solitude aux joies familiales... les contraintes religieuses... l'appartenance au groupe... le poids des traditions... A la fois un divertissement et une réflexion sur la difficulté existentielle féminine de tous les temps... le dictat de l'apparence et de la chirurgie esthétique, l'importance de la virginité, l'obligation d'être mariés pour réserver une chambre d'hotel, la procession de la Sainte Vierge, l'interdiction de se trouver en couple dans une voiture stationnée la nuit, le folklore appelé "zaffé" lors de la fête de mariage, les taxis collectifs...


Une bouffée d'air frais dans ce Liban entre tradition et modernité...

# Enviado el miércoles 05 de agosto de 2009 09:09

Est ce qu'on va reprendre la route...

Est ce qu'on va reprendre la route...


Si tu éprouves le désir d'écrire, et nul autre que l'Esprit n'en détient le secret, tu dois maîtriser connaissance, art et magie :
- la connaissance des mots et leur mélodie,
- l'art d'être sans fard, -
et la magie d'aimer ceux qui te liront...



# Enviado el miércoles 05 de agosto de 2009 09:06


Partez, partez, sans regarder qui vous regarde,
Sans nuls adieux tristes et doux,
Partez, avec le seul amour en vous
De l'étendue éclatante et hagarde.
Oh ! voir ce que personne, avec ses yeux humains,
Avant vos yeux à vous, dardés et volontaires,
N'a vu ! voir et surprendre et dompter un mystère
Et le résoudre et tout à coup s'en revenir
Du bout des mers de la terre,
Vers l'avenir,
Avec les dépouilles de ce mystère
Triomphales, entre les mains !


# Enviado el miércoles 05 de agosto de 2009 09:02