Manifeste 2008-2009 du Salon d'Automne





Contre le pompiérisme d'Etat,
Pour la diversité !





Oui, loin de la promotion effrénée des « pièces » à prétention contemporaine, il existe encore des artistes réalisant des « oeuvres » !
Objet de tous les financements, de toutes les promotions, de toutes les spéculations, ce que l'on nomme « l'art contemporain » poursuit sa conquête des lieux publics et patrimoniaux : du néo-kitsch à Versailles aux installations déployées au Louvre, du homard (Jeff Koons) au ver de terre (Jean Fabre), pas un musée, pas un palais national qui ne soit vampirisé par ce « chaos rampant » (Lovecraft) ! L'Hôtel de la Monnaie, où nombre de graveurs et de sculpteurs issus des Salons historiques se sont brillamment illustrés, s'apprête à soumettre l'édifice au diktat du conceptuel à prétention « avant-gardiste »... Souhaitant s'y déployer, le Salon d'Automne a essuyé, par téléphone, un refus dédaigneux : « Le Salon d'Automne ? Ce n'est même pas la peine d'y songer ! »...Constatant les moyens financiers considérables concentrés sur une seule esthétique néo-duchampiste alimentant un marché mondial du scandale où l'apologie de la laideur le dispute au rien, au sale et au répugnant, les créateurs oeuvrant dans les disciplines des arts plastiques dénoncent l'hégémonie que cet « art » dit « contemporain » exerce aux dépens de la plus vaste communauté artistique de notre pays.

Déplorant la dépossession galopante de leur statut d'artiste et le mépris dont ils font l'objet de la part des pouvoirs publics, les artistes décident d'entrer en résistance... Victimes de ce que les mathématiques désignent par les « partages inégaux », ils sont de plus en plus nombreux à affirmer leur identité face au mur de silence édifié autour de leurs travaux. Le positionnement frileux des galeries à leur égard et le coût exorbitant des sites d'exposition appliqué aux Salons historiques engendrent une dramatique pénurie de solutions pour montrer leurs oeuvres.Du courage, il en faut pour « oser » apprécier un art désigné à la vindicte populaire comme ringard, dépassé, nul et non avenu ! La tyrannie est telle que les Salons historiques réunis au Grand Palais sous la bannière d'Art en Capital sont présentés sur un site Internet (Art and You) comme « cinq foires d'art contemporain » ! Outre la tonalité marchande que soulignait déjà l'absence regrettable du « e » d'Art en Capital et pour pathétique qu'il paraisse plus de trente ans après l'instauration des grandes foires internationales, ce « copier-coller » n'en révèle pas moins un criant besoin de reconnaissance... N'ayons pas honte de notre identité de Salons historiques et revendiquons cette spécificité française porteuse d'une mémoire artistique et littéraire étincelante où s'illustrèrent les plumes de Diderot, Baudelaire, Huysmans, Apollinaire, Mirbeau, Elie Faure, Aragon, René Huyghe !...

Devenu un produit spéculatif juteux, financièrement comme en termes d'image, l'art contemporain a précipité les artistes hors-circuit dans une solitude extrême et dans l'impossibilité de faire connaître leurs travaux.

Il en est de même pour les Salons historiques invités à développer eux-mêmes leur « propre économie ». Mais comment y parvenir quand toutes les portes se ferment, quand on vous réplique sur le ton de l'évidence et la main sur le coeur ... que « les peintres et les sculpteurs, ça n'intéresse plus personne » ! La condamnation hier de « l'art dégénéré » n'est pas sans analogie avec le soutien exclusif à l'art contemporain aujourd'hui : l'un est ouvertement éliminé quand on s'arrange pour que l'autre élimine tout le reste. A l'évidence, l'élargissement incontestable des champs plastiques est une aubaine pour évacuer définitivement ces notions honnies entre toutes, de "tradition" et de "métier" : vidons la baignoire et le bébé avec !

Dans ce contexte d'un « Dresden esthétique » autorisant le pilonnage intensif des peintres, graveurs et sculpteurs, les Salons d'artistes offrent un bastion de résistance non négligeable. Certes la lutte est inégale. Face au mépris général, les artistes non-labellisés « art contemporain » n'ont que leurs oeuvres à opposer ; pour autant, ils auraient tort de s'installer dans un fatalisme bien compréhensible. La messe n'est pas dite, quoi qu'on en dise...

Si l'art contemporain est parvenu à envahir et contrôler tout le champ esthétique, son ascension n'est pas récente. Les actuels locataires du ministère de la Culture ne font que pérenniser une politique instaurée il y a plus de quarante ans. Depuis 1965-1966 et la pénétration croissante des intérêts américains dans la politique culturelle française, le mot d'ordre « l'avant-garde, sinon rien ! » règne en maître sur le paysage artistique de notre pays. L'arrêt brutal des achats par l'Etat d'oeuvres exposées dans les Salons historiques révélait la tutelle exercée par les marchands d'art d'outre-atlantique. Des centaines d'artistes qui avaient patiemment élaboré une oeuvre et conquis une certaine notoriété se voyaient soudain relégués au rancart. Tout un pan de la création contemporaine était méthodiquement liquidé. L' « Ecole française », que l'on n'ose plus appeler ainsi sous peine de passer pour un affreux réactionnaire, était sacrifiée. « Ce qui compte, c'est l'bénef ! », chantait déjà Léo Ferré.

A l'évidence, l'art contemporain nourrit toutes les vanités mercantiles. La gauche française porte une lourde responsabilité dans son soutien délibéré aux oeuvres conceptuelles, devenues « art de cour » sous le règne de Jack Lang, redoutable commanditaire en la matière.
D'aucuns accusent Marcel Duchamp de tous les maux. Jamais il n'aurait accepté d'endosser la paternité d'une idéologie post-moderne qui, un siècle après le célèbre Urinoir, nous propose de faire de son contenu, au sens propre, une oeuvre d'art !

Un nouveau pompiérisme affublé du costume de l'avant-garde, telle est la grande tartufferie du moment. Les mêmes qui désignent les peintres, sculpteurs et graveurs comme les australopithèques de l'art, alimentent une cuisine faisandée, véritable « marketing de l'abject » qui n'est que la duplication affligeante d'une posture vieille d'un siècle et dont le processus d'ossification a évacué le concept novateur.
Peu importe que cet académisme, pour reprendre la formule de Lorjou, fasse « braire les ânes, bayer les singes, se pâmer les poules ». Il s'agit quand même de l'utilisation faite par l'Etat de l'argent du contribuable et cela n'amuse personne. Le coût exorbitant de la promotion de l'art contemporain s'exerce sans aucun contrôle et se fait sur le dos des artistes disqualifiés pour cause de compétence professionnelle et de fidélité aux outils du peintre, du graveur et du sculpteur.

Les agités du bocal post-moderne à prétention avant-gardiste ont beau discourir à l'infini : les arts de la main ne sont pas morts et, pour ne nommer que ces disciplines, ni la peinture, ni la sculpture, ni la gravure, ni l'art mural n'ont épuisé leur potentiel émotionnel. Mais il faut une bonne dose d'héroïsme pour affirmer leur nécessité face aux administrations dédaigneuses, aux plumes assassines des revues « branchées », aux spécialistes patentés attribuant le « génie » aux uns et la « médiocrité » aux autres, au mépris souverain des médias, aux commissaires priseurs qui font leur beurre avec cette falsification générale !

On sait que tout art véritable porte en son sein une critique du monde. La supercherie consiste à éliminer toute pensée critique au nom d'une liberté d'expression habilement assimilée à l'expression du libéralisme dont la seule exigence est le profit à court terme. Il va de soi - n'est-ce pas ?... - que cette liberté d'expression existe ! Qu'importe si elle diffuse partout, et à tous, une pensée unique, une esthétique unique ! Faut-il que cette société ait si peur pour bâillonner ses artistes et abolir toute pensée critique de son horizon, c'est à dire, toute perspective pour l'humanité ? Un système qui agit ainsi, ne porte-t-il pas un nom spécifique ?...

Artistes résolument indépendants, nous réclamons à l'Etat...


- DES MOYENS, UN LIEU : des moyens suffisants et un lieu permanent afin de permettre aux Salons historiques, sous peine de disparaître, d'exposer leurs artistes dans des conditions de respect et de dignité,
- L'EGALITE DES AIDES : un partage au moins égal avec les subventions pharaoniques accordées aux officines de « l'art contemporain » (Palais de Tokyo, Grand Palais, galeries des FRAC, DRAC, FIAC),
- LA NEUTRALITE : que l'Etat cesse son parti-pris intolérable en opérant des choix esthétiques via ses fonctionnaires et assure le pluralisme des commissions d'acquisitions dans lesquelles toutes les tendances doivent être représentées,
- L'INVESTISSEMENT EDUCATIF : la relance d'une véritable formation au métier de peintre, de sculpteur et de graveur dans les écoles d'art publiques sous peine d'anéantir une mémoire et un savoir-faire artistiques millénaires,
- L'ACCES AUX MEDIAS DU SERVICE PUBLIC. Enfin, nous demandons à ce que le service public de télévision rende compte, à une heure de grande écoute, de la tenue des expositions annuelles des Salons historiques. Il ne s'agit pas de quémander une quelconque « faveur ». Il s'agit d'octroyer une simple mesure de respect et d'équité.

Les récents colloques qui se sont tenus autour du statut de l'artiste ont souligné la nécessité de diversifier le financement de l'art, sans jamais préciser que ce financement concernait, comme de bien entendu, le seul « art contemporain» représentant à peine 5% de la production artistique de notre pays...
Contre l'appel hypocrite en faveur de la diversité du financement de l'art, exigeons le financement de la diversité artistique !






Signataires :
Le Conseil d'Administration du Salon d'Automne :
Jean-Pierre ALAUX, peintre ; ANGEL-PERES, sculpteur ; Francine AUVROUIN, peintre et sculptrice ; Monique BARONI, peintre ; Noël CORET, écrivain d'art ; Claude-Jean DARMON, graveur ; Jean DESVILLES, peintre ; José DIAZ FUENTES, sculpteur ; Pierre EYCHART, peintre ; Françoise FRUGIER, sculpteur ; André HERVIO, peintre ; Mireille JUTEAU artiste plasticien ; Sylvie KOECHLIN, sculpteur ; Danièle LE BRICQUIR, peintre ; Denis LEGRAND, architecte et peintre ; Jean-Bernard POUCHOUS, peintre ; Jean PREVOST, peintre ; Michel SAVATTIER, peintre ; Jean-Pierre VERDEILLE, peintre : André VIGNOLES, peintre ; Jean-Pierre ZENOBEL, photographe.
# Posté le mercredi 01 avril 2009 06:17



Je vois les Hommes tomber un à un, se perdre, enrôlés par des façades neutres leur promettant l'illusion...
Je vois ces hurlements, ces retours miraculeux au pays avant de découvrir le reste de la famille, massacré...
Je vois les hommes lutter un à un, se serrer la main, cette fleur posée sur ce canon bien avant qu'il ne la dématérialise...
Je vois ces rangs, dénaturés, ces pas frapper le sol à l'usure....
Je vois des hommes s'autoproclamer maitre de toute une foule, s'emparant de leurs droits...
Je vois ces marches pour la tolérance...
Je vois un peu plus d'étoiles s'accrocher chaque jour, un peu plus un peu moins...
Je vois ces drapeaux hissés pour ne plus que l'Homme soit réduit à manger des semelles de chaussures ou des lambeaux de cuisses humaines dans des camps...
Je vois des vices devenir des vertus, l'utilitaire renversant les valeurs d'un coup de bottes...
Je vois des livres brulés sur des buchers, des voix s'élever au rythme d'une guitare au delà des steppes...
Je vois certains se demander si le combat en vaut la peine...
Je revois un homme retirer ses troupes d'un geste exemplaire...
Je vois ces enfants ramasser les pierres d'un ancien mur puis les déposer dans leur camion pelleteuse...
Je vois ces sourires vibrer à l'unisson...

Nous voyons le monde tel qu'on nous l'offre,
le voir avec d'autres
yeux...



# Posté le mardi 17 mars 2009 14:11



Par une heure sans égale au fin fond d'un laggio,
La basse cour sociétaire devient floue, aux prémices de sa disparition.
Le souffle répétitif d'une aile bleue alimente le sursaut de se poser sur une vie.

Il a fallu le temps d'un flash,
mon être scruté par sa pupille enveloppé sous sa chair.
Le contour de ses deux opercules ouvre le monde,
Grains de sable coulant d'une main nettoient le poids du passé...
Des vies à l'éclairer,
Et rien d'autres.

Et je rêve, ô que oui je rêve,
De vous conter s'il vous l'accorde,
L'Hypnos humain.


[ Février 2009 ]
# Posté le lundi 16 mars 2009 16:07

« J'ai été élu pour ouvrir un dialogue au nom de la sensibilité de tous les gens, au sujet de tous les problèmes. Les problèmes qui touchent cette ville nous touchent tous»« Quand je me trouvais au c½ur de cette immense mer de bougies à Civic Center Plaza le soir où Harvey a été tué, je me suis fait la promesse que je ferais tout ce que je pourrais pendant le reste de ma vie pour qu'on se souvienne de son nom. J'aimerais que les gens sachent qu'Harvey était un homme ordinaire. Ce n'était ni un saint ni un génie. Sa vie personnelle était souvent chaotique. Il est mort sans le sou. Et cependant, par son exemple et ses actes, il a très certainement changé le monde. Une fois de plus, on se rend compte que l'Histoire compte d'innombrables exemples de gens ordinaires,hommes et femmes,qui en disant la vérité,par leur courage,ont effectivement changé le monde.A cette étape de l'histoire de notre pays, les gens de tous âges, de toutes races et de tous horizons ont besoin de comprendre ce qu'une seule personne peut accomplir.»

« J’ai été élu pour ouvrir un dialogue au nom de la sensibilité de tous les gens, au sujet de tous les problèmes. Les problèmes qui touchent cette ville nous touchent tous»« Quand je me trouvais au c½ur de cette immense mer de bougies à Civic Center Plaza le soir où Harvey a été tué, je me suis fait la promesse que je ferais tout ce que je pourrais pendant le reste de ma vie pour qu’on se souvienne de son nom. J’aimerais que les gens sachent qu’Harvey était un homme ordinaire. Ce n’était ni un saint ni un génie. Sa vie personnelle était souvent chaotique. Il est mort sans le sou. Et cependant, par son exemple et ses actes, il a très certainement changé le monde. Une fois de plus, on se rend compte que l’Histoire compte d’innombrables exemples de gens ordinaires,hommes et femmes,qui en disant la vérité,par leur courage,ont effectivement changé le monde.A cette étape de l’histoire de notre pays, les gens de tous âges, de toutes races et de tous horizons ont besoin de comprendre ce qu’une seule personne peut accomplir.»

Milk, un titre sonnant comme une incitation à consommer plus de produits laitiers par ces temps de « crises », ou encore le cri d'alerte de certains agriculteurs en manque de salariés...
Détrompez-vous...

L'on comprend aisément ce qui a pu inciter le cinéma à se pencher plus en détail sur le personnage d'Harvey Milk.
Pour récapituler : « Militant pour les droits civiques des homosexuels, il est le premier superviseur (conseiller municipal) ouvertement gay de la ville de San Francisco. Dès 1972, il s'installe à San Francisco et y ouvre un magasin d'appareils photographiques, Castro Camera, Il se distingue rapidement comme un militant meneur de la communauté homosexuelle, notamment à travers la création de la Castro Valley Association of Local Merchants, une association de commerçants du Castro, et en représentant le quartier lors des négociations avec la mairie. Milk se présente à deux reprises aux élections du conseil municipal en 1973 et 1975, sans succès. À chaque campagne, il reçoit un soutien de plus en plus large de la communauté gay. En 1976. il se présenter en tant que député à l'assemblée de Californie, une élection qu'il perd face à son adversaire Art Agnos. En 1977, le mode de scrutin change : les superviseurs sont maintenant élus par district et non plus au niveau municipal. Milk est alors élu représentant du 5e district, qui inclut le quartier de Castro, et devient le premier homosexuel ouvertement déclaré comme tel à être élu dans une grande ville des États-Unis.Durant ses onze mois de mandat, il soutient un projet de loi pour les droits des homosexuels, et s'oppose à la Proposition 6, un projet de loi du sénateur Briggs soumis à référendum qui aurait autorisé le licenciement des enseignants ouvertement homosexuels.Le 27 novembre 1978, Milk est assassiné avec le maire George Moscone dans la mairie par l'ancien superviseur jaloux, Dan White. Ce soir-là, des milliers de San-Franciscains se rassemblent à la lueur de bougies pour pleurer les deux personnalités, marchant à travers le quartier de Castro dans le district de Milk pour défiler devant la mairie. Milk avait envisagé un possible assassinat, et avait enregistré plusieurs cassettes audio qui devaient être écoutées dans un tel cas. L'une d'entre elles contenait la phrase célèbre « Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard » (« If a bullet should enter my brain, let that bullet destroy every closet door »), en référence aux homosexuels craignant de faire leur coming-out (de sortir du placard) »


Bryan Singer est d'abord pressenti aux commandes de ce projet, avant que Gus Van Sant ne s'en empare, et avec quelle finesse !
Je dois dire qu'à partir du moment où mon regard et mon âme ont rencontré pour la première fois ses plans et l'intelligence de ses projets il y a six ans face au choc d'Elephant, je n'en suis pas sorti indemne, pour peu que j'en sois sorti. Le septième art lui doit tant. L'on retrouve dans Milk, le kaléidoscope de ses inspirations, de sa personnalité, de ses sensibilités, de ses combats, jusqu'à l'apothéoses de la caméra épaule suivant le meurtrier dans les couloirs labyrinthiques, jusqu'aux actes fatales. Gus Van Sant illumine par sa reconstitution plus vrai que nature. Une fois de plus le compte à rebourd a démarré, vers le changement, et fatalement vers la mort du personnage...


Quand je vois le mal être ressenti encore par certains gays à notre époque, il est grand temps que l'évolution de certaines mentalités se produisent à nouveau, et qui mieux que le septième art pour faire bouger les choses comme il sait si bien le faire parfois, même s'il est inacceptable qu'au XXIème siècle l'on en soit encore à se stade d'intolérance. Du mal à y croire mais la réalité fait face. Les noirs se sont battus pour être reconnus, puis les femmes, les gays... Tout ca n'aurait pas eu lieu si la majorité des êtres humains avait cette dose nécessaire d'humanité en elle. Parce qu'il est plus simple de cataloguer comme négatif ce qui "diffère" de nous, par crainte de l'inconnu, par peur, par lâcheté, par égo déséquilibré. L'homme ne peut être fier de cela et doit à tout prix s'en défaire.




[ Prochain Gus Van Sant : “The Electric Kool-Aid Acid Test”, un voyage hallucinatoire d'une bande quittant la Californie à bord d'un bus peint de manière psychédélique pour se rendre à New York en 1964. Tout au long du voyage Kesey et sa bande tente d'initier tous les personnes qu'ils rencontrent à l'usage de LSD. ]
# Posté le vendredi 27 février 2009 12:30
Modifié le lundi 02 mars 2009 10:21

Who shall deliver me ?

Who shall deliver me ?
God strengthen me to bear myself;
That heaviest weight of aIl to bear,
Inalienable weight of care.

All others are outside myself;
I lock my door and bar them out
The turmoil, tedium, gad-about.

I lock my door upon myself,
And bar them out; but who shall wall
Self from myself, most loathed of all?

If I could once lay down myself.
And start self-purged upon the race
That ail must run! Death runs apace.

If I could set aside myself,
And start with Iightened heart upon
The road by all men overgone!

God harden me against myself,
This coward with pathetic voice
Who craves for ease and rest and joys

Myself, arch-traitor to myself;
My hollowest friend, my deadliest foe,
My clog wathever road I go.

Yet One there is can curb myself,
Can roll the strangling Ioad from me
Break off the yoke and set me free
# Posté le vendredi 20 février 2009 04:50






Cette porte limitrophe à la mienne, qu'il m'arrive le soir de ré-entrouvrir. Ces « Bonne Nuit ! » qu'il faut ravaler. Au détail près, tout est semblable depuis huit mois. Tous ces signes d'une présence passée, ces posters punaisés aux murs, à l'armoire de pin entrouverte. Et pourtant. Ce lit inlassablement vide. Ce store de velux ne se fermant plus. Cette chaine hi-fi clignotant dans le vide...

Depuis sa naissance, tant de signes avant coureur annonçant que la vie serait plus difficile pour elle que pour un autre dans cette société. Cependant nous étions là, pour elle. Ces inlassables marques de patience à ses côtés. Ces répétitions pour qu'elle assimile la moindre chose. Ce besoin de la prendre aussitôt sous mon aile. J'aurais toujours en tête ce rituel des soirées de Noël ou nous présentions une pièce de théâtre confectionnée par mes soins, devant le sapin et les parents. Depuis plusieurs années, plus je la voyais, plus elle ne ressemblait à aucun autre jeunes de son âge, si ce n'est qu'elle essayait parfois de les imiter maladroitement pour dissimuler cela. Sans compter qu'elle développait un réel côté serviable.

Ses chansons qu'elle fredonnait, aux grattements contre le mur, rien que pour irriter mon ouïe et m'empêcher de dormir le soir, me manquerait presque. Je nous revois, fillettes, emplies d'une haine, venant je ne sais où, nous tirant férocement les cheveux. Déjà à cette époque, elle voulait détenir le dernier mot, pour ne pas dire le dernier coup, tel un inutile trophée. Lorsque quelque chose n'allait pas, communiquer par la violence quitte à meurtrir et agresser violemment l'adversaire. J'en étais effarée.


Je voudrais lui dire encore que je suis là pour elle comme je l'ai été ces dix huit dernières années, que mes pensées ne l'oublie jamais. Elle qui m'échappe déjà si fortemant d'un destin qu'elle a interrompu pour un autre. Mais finalement est ce peut-être elle qui a raison. D'avoir opter, sans réfléchir, à une vie au jour le jour, loin des contraintes. A quoi bon vouloir s'enfermer dans les carcans de la société. Lui expliquer qu'être célibataire est loin d'être la fin du monde, qu'il vaut mieux être "seule" que malheureux ou baigner dans les illusions, que cela est bénéfique pour la construction de soi. Que l'amour se mérite. Lui faire découvrir que dans chaque instant réside une richesse incomparable de bonheur et qu'il faut essayer de vivre chaque jour comme si c'était le dernier. Elaborer une infinité de projets.


Et si maintenant tout nous sépare, nos vies, nos intérêts, nos comportements, je voudrais tant la prévenir de prendre soin d'elle. J'aurais aimé mieux la préparer à la vie afin qu'elle évite certaines erreurs. Si seulement elle était en mesure de comprendre. Je lui aurais tant transmis dont cette faculté à se méfier d'autrui et à reconnaître ce qui est bon pour notre bonheur, à donner notre confiance aux êtres lumineux qui sauront l'utiliser à bon escient, à ouvrir les yeux sur ce monde, à décrypter.


Vous dire qu'elle est désormais entre les mains d'une égoïste crapule. Etrange fatalité pour cette enfant.
Ces huits derniers mois, les événements se sont enchainés à un rythme effréné, pouvant alimenter l'inspiration de tout scénariste de polar voir de drame. La fuite, la violence, la gendarmerie, l'hôpital, les dépots de plainte, les menaces, la violence à nouveau, la police, l'internement, la fuite, les falsifications, et s'il n'y avait que ca...
Bien évidemment elle serait incapable d'avoir idée elle-même de ces situations, elle obéit seulement à celui qu'elle dit aimer, celui l'entrainant vers un présent et un avenir sans sureté. Cet homme grossier qui s'est mis le monde entier à dos et a trouvé en elle une bonne poire.



Je cherche encore les choses qui m'ont échappé depuis toutes ces années, cela reste vain. Mais comment faire entendre des vérités à quelqu'un résigner à ne rien entendre ? Je ne peux, je ne veux la juger. Ce n'est nullement dans mon devoir. Peut être ouvrira-t-elle les yeux, un jour. Presque tout le monde en doute. Je me résoud à lacher prise, parfois, et à espérer. Que ce combat cesse. Que l'Avenir soit porteur du meilleur.
# Posté le jeudi 19 février 2009 06:07

La suite en Avril...enfin !

# Posté le mardi 10 février 2009 16:22

Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne, il faut avoir erré à travers tous les mondes extérieurs pour atteindre enfin au tabernacle très intime...

Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne, il faut avoir erré à travers tous les mondes extérieurs pour atteindre enfin au tabernacle très intime...


Un soir de Janvier. Tardivement. Une émission télévisée. Un dialogue. Ces moments où l'on n'attend pas forcément qu'un tel programme provoque des étincelles en soi. Un acteur. Loin d'être mon acteur de référence mais voilà. L'homme est tout autre hors des plateaux. Plus intéressant dans la vie que dans ses rôles. Le voici évoquant des thèmes. Arrive celui de la fidélité. Ses amis, son amour. Trente ans de vie avec son épouse. La fidélité envers nos proches... et bien elle ne découle pas vraiment de soi, mais bien grâce à ces autruis, pour ce qu'ils sont. Leurs comportements dans certaines situations, à leurs pensées dans d'autres moments, leur façon d'aborder la vie. Il aurait pu citer que l'essentiel de la vie se trouve dans les êtres que l'on rencontre, que l'on côtoie. Que les marques et la présence changent tout en une seconde. Ressentir cette chaleur interne, cette alchimie surréaliste, inexplicable.

Vivre la chance de partager la vie de personnes formidables nous rend formidable , à notre tour.

Oui monsieur ! Raisonnement si simple. Cela saute aux yeux pourtant je n'avais réalisé l'évidence avec autant d'attention. Celui-là à tout compris. Et moi aussi.



# Posté le mardi 03 février 2009 15:24
Modifié le mardi 10 février 2009 05:45